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Travaux et rénovation

L’assurance dommages-ouvrage : ce qu’elle couvre, quand elle s’impose, ce que son absence coûte

L’assurance dommages-ouvrage est l’obligation la plus ignorée des particuliers qui rénovent : tout propriétaire qui fait réaliser des travaux relevant de la garantie décennale doit la souscrire avant l’ouverture du chantier. Elle indemnise vite, sans attendre qu’un tribunal désigne le responsable, et elle compte à la revente. Ce dossier dit quand elle s’impose, ce que son absence coûte, et comment la souscrire depuis l’étranger.

Une ruelle fleurie de la vieille ville d’Antibes, façades ocre et lanternes en fer forgé
Antibes, Côte d’Azur

Par Jean Mascla, fondateur de Home Select Mis à jour le · 6 min de lecture

Ce qu’elle fait, et pourquoi elle existe

Quand un désordre grave apparaît après des travaux, l’entrepreneur est couvert par sa garantie décennale. Encore faut-il établir que le désordre relève bien de sa responsabilité, et non de celle du plaquiste, du couvreur, de l’architecte ou du fabricant du matériau. Cette démonstration se fait devant un tribunal, avec une expertise judiciaire, et elle prend entre deux et cinq ans.

La dommages-ouvrage sert à ne pas attendre. Elle vous indemnise rapidement, sur simple constat du désordre, sans rechercher qui est fautif. C’est ensuite l’assureur qui se retourne contre le responsable et ses confrères. On l’appelle parfois une assurance de préfinancement, et c’est exactement cela : elle achète du temps, pas un droit nouveau.

Quand elle est obligatoire

Le critère n’est pas le montant des travaux mais leur nature : sont concernés les travaux qui relèvent de la garantie décennale, c’est-à-dire ceux qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.

Travaux concernésTravaux généralement hors champ
Gros œuvre, reprise de structure, ouverture dans un mur porteurRemplacement d’une chaudière ou d’un radiateur
Charpente, toiture, étanchéité d’une terrassePose d’un revêtement de sol ou d’une peinture
Isolation par l’extérieur, ravalement avec isolationRemplacement d’un équipement dissociable
Véranda, extension, surélévationPetit bricolage et dépannage
Réseaux encastrés dans la structureCuisine ou salle de bains sans intervention structurelle

Pour une rénovation d’appartement classique, sans toucher à la structure, l’obligation ne joue pas. Elle joue en revanche dès qu’on ouvre un mur porteur, qu’on isole par l’extérieur ou qu’on refait une toiture, ce qui est précisément le programme d’une rénovation énergétique d’ampleur.

Ce que son absence coûte vraiment

Un particulier qui fait réaliser des travaux sur le logement qu’il occupe, ou que sa famille occupe, n’encourt pas de sanction pénale : l’obligation n’est sanctionnée pénalement que pour les autres maîtres d’ouvrage. C’est ce qui explique qu’elle soit si largement ignorée, et c’est un raisonnement court.

Le premier coût est le délai. Sans dommages-ouvrage, une infiltration apparue quatre ans après des travaux de toiture se règle par une procédure judiciaire : expertise, mise en cause des entreprises et de leurs assureurs, jugement. Pendant ce temps, le désordre s’aggrave et les réparations restent à votre charge.

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Antibes, Côte d’Azur

À la revente et à distance, deux coûts de plus

Le second coût apparaît à la revente. L’acte notarié mentionne les travaux réalisés dans les dix ans et l’existence, ou non, des assurances correspondantes. Un acquéreur informé en tire deux conclusions : il hérite d’un risque non couvert, et il peut le chiffrer. La négociation s’ouvre sur ce point, et elle se conclut rarement en votre faveur.

Pour un propriétaire non-résident, un troisième coût s’ajoute, invisible dans les textes : celui de la distance. Suivre une expertise judiciaire en France depuis Singapour ou New York suppose un mandataire, des déplacements, et une disponibilité que personne n’a.

Comment la souscrire, et à quel moment

La règle est sans exception : avant l’ouverture du chantier. Une fois les travaux commencés, les assureurs refusent le dossier, et les rares contrats dits de régularisation coûtent bien davantage et supposent une expertise du chantier déjà réalisé.

Le dossier demandé est toujours le même, et il se constitue en même temps que les devis.

  1. La description des travaux et les devis signés.
  2. Les attestations d’assurance décennale de chaque entreprise, en cours de validité et couvrant l’activité exercée.
  3. Les plans, et l’étude technique quand il y en a une.
  4. Le nom du maître d’œuvre ou de l’architecte, s’il y en a un.
  5. La date prévisionnelle d’ouverture du chantier.

La prime se calcule en pourcentage du coût des travaux et se paie en une fois. Elle suit le bien et non le propriétaire : si vous revendez, elle bénéficie à l’acquéreur pour la durée restante, ce qui en fait l’un des rares frais de chantier qui se récupère au prix de vente.

Ce que Home Select organise pour l’assurance de vos travaux

Les travaux se chiffrent avant l’offre d’achat, pas après : votre chasseur Home Select fait passer un artisan ou un maître d’œuvre pendant la contre-visite, pour que le prix proposé tienne compte de ce qu’il reste à faire.

Après la signature, nous vous présentons le maître d’œuvre ou l’architecte qui tient le chantier à votre place, et la conciergerie qui ouvre la porte et photographie l’avancement. La conduite des travaux, les devis et la réception relèvent d’eux, sous leur responsabilité : notre rôle est qu’il n’y ait qu’un point d’entrée.

Questions fréquentes

Quels travaux imposent une dommages-ouvrage ?

Ceux qui relèvent de la garantie décennale, c’est-à-dire les travaux qui touchent à la solidité de l’ouvrage ou à des éléments qui le rendent impropre à sa destination : gros œuvre, structure, charpente, étanchéité, isolation lourde, réseaux encastrés, véranda, surélévation. Le remplacement d’une chaudière ou la pose d’un revêtement ne relèvent en principe pas de la décennale, donc pas de l’obligation.

Que risque-t-on à ne pas la souscrire ?

Un particulier qui fait réaliser des travaux sur le logement qu’il occupe, ou que sa famille occupe, n’encourt pas de sanction pénale. Le risque est purement économique, et il est double : en cas de désordre, vous devez prouver la responsabilité de l’entreprise devant un tribunal avant d’être indemnisé, ce qui prend des années ; et à la revente dans les dix ans, l’acquéreur constate l’absence d’assurance dans l’acte et négocie, quand il ne renonce pas.

Peut-on la souscrire après le début des travaux ?

Non, et c’est la raison pour laquelle tant de chantiers s’en passent : elle doit être souscrite avant l’ouverture du chantier, et les assureurs refusent systématiquement un dossier présenté après. Il existe des contrats dits de régularisation, mais ils sont rares, chers, et assortis d’une expertise préalable du chantier déjà réalisé.

À quoi sert l’assurance dommages-ouvrage ?

À être indemnisé vite, sans attendre qu’un tribunal désigne le responsable. Sur simple déclaration d’un désordre relevant de la garantie décennale, l’assureur doit se prononcer sur la garantie dans les soixante jours et présenter une offre d’indemnité dans les quatre-vingt-dix jours ; il se retourne ensuite lui-même contre l’entreprise fautive et son assureur. Sans elle, la même démonstration passe par une expertise judiciaire qui prend souvent plusieurs années.

Quel dossier faut-il pour souscrire une dommages-ouvrage ?

La description des travaux et les devis signés, les attestations d’assurance décennale de chaque entreprise, en cours de validité et couvrant l’activité exercée, les plans et l’étude technique s’il y en a une, le nom du maître d’œuvre ou de l’architecte, et la date prévisionnelle d’ouverture du chantier. Le dossier se constitue en même temps que les devis, puisque tout se joue avant le premier jour.

La dommages-ouvrage profite-t-elle à l’acquéreur en cas de revente ?

Oui. Elle suit le bien et non le propriétaire : vendu dans les dix ans, le bien transmet la couverture à l’acquéreur pour la durée restante, et l’acte de vente mentionne les travaux réalisés et les assurances souscrites. C’est l’un des rares frais de chantier qui se retrouvent dans le prix ; son absence, à l’inverse, ouvre une négociation.

Vous préparez un achat en France depuis l’étranger, ou vous y possédez déjà un bien ? Décrivez votre situation : un chasseur Home Select vous répond sous 24 h ouvrées, et le dossier commence par les partenaires qu’il faut, dans l’ordre.

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