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Guides par pays de résidence

Acheter un bien en France depuis la Suisse : fiscalité, financement, succession, séjour

La proximité, la langue en Suisse romande et un pouvoir d’achat élevé font de la Suisse l’un des premiers viviers d’acheteurs en France, des Alpes au Léman, de Paris à la Côte d’Azur. Beaucoup de résidents suisses sont aussi des frontaliers ou des Français installés de l’autre côté de la frontière. La Suisse occupe une place unique : hors Union européenne, mais membre de l’espace Schengen et liée à l’Union par la libre circulation des personnes et la coordination de sécurité sociale. Conséquence concrète et favorable : un résident suisse affilié au régime helvétique peut être exonéré de CSG et CRDS, et ne payer qu’un prélèvement réduit. À l’inverse, n’étant pas dans l’Espace économique européen, il reste en principe soumis au représentant fiscal à la revente.

Évian-les-Bains vue du Léman, son front de lac et son palace sur la colline boisée
Évian-les-Bains, Rhône-Alpes

Par Jean Mascla, fondateur de Home Select Mis à jour le · 7 min de lecture

Le processus d’achat vu de Suisse

Le notaire français sécurise la vente et le titre, dans un cadre proche du notariat suisse. La proximité facilite les rendez-vous, et la procuration reste possible.

Ce qui change pour vous

  • Un notaire unique authentifie la vente et publie le titre, un cadre familier pour un acheteur suisse.
  • L’avant-contrat engage les parties, avec un délai de rétractation de dix jours pour l’acquéreur, avant l’acte authentique.
  • La proximité géographique permet souvent d’être présent, mais une procuration notariée reste disponible.

Points de vigilance

  • Le dépôt de garantie (5 à 10 % du prix) se verse dès le compromis, sur le compte séquestre du notaire.
  • Anticipez le change franc suisse contre euro et les modalités de transfert.

Financer et payer depuis la Suisse

Le franc suisse, souvent fort face à l’euro, peut jouer en votre faveur, mais le financement d’un bien français obéit aux règles françaises.

Ce qui change pour vous

  • Les banques françaises prêtent aux résidents suisses, généralement avec un apport plus élevé qu’un résident.
  • Un franc suisse fort face à l’euro peut accroître votre capacité d’achat, mais expose au risque de change dans le temps.
  • Les frontaliers et binationaux disposent souvent de solutions bancaires des deux côtés.

Points de vigilance

  • Un revenu en francs suisses et une dette en euros créent un risque de change à mesurer.
  • Comparez crédit en euros et paiement comptant selon votre exposition.

Fiscalité de la détention

Vos revenus locatifs français sont imposés en France ; la convention franco-suisse évite la double imposition.

Ce qui change pour vous

  • Les revenus locatifs de source française sont imposés en France, avec un taux minimum de 20 % pour les non-résidents, sauf taux moyen inférieur démontré.
  • Au-delà de 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net en France, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) s’applique.
  • La convention franco-suisse répartit les droits d’imposition et évite la double imposition.

Points de vigilance

  • La taxe foncière est due chaque année ; une résidence secondaire peut aussi supporter une taxe d’habitation.
  • L’impôt sur la fortune suisse et l’IFI français obéissent à des logiques distinctes, à coordonner.

Revente : plus-value et représentant fiscal

La Suisse n’étant pas dans l’Espace économique européen, un représentant fiscal accrédité reste en principe requis au-delà du seuil.

Ce qui change pour vous

  • La plus-value des non-résidents est imposée à 19 %, augmentée des prélèvements sociaux, avec abattements pour durée de détention.
  • La dispense de représentant fiscal vise les résidents de l’Union et de l’Espace économique européen ; la Suisse en est exclue, ce qui rend la désignation en principe nécessaire au-delà de 150 000 euros de prix de vente.
  • L’exonération totale est atteinte après 22 ans de détention pour l’impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux.

Points de vigilance

  • Budgétez le coût du représentant fiscal accrédité dès la mise en vente.
  • Conservez les factures de travaux : elles réduisent la plus-value imposable.
Évian-les-Bains vue du Léman, son front de lac et son palace sur la colline boisée

Évian-les-Bains, Rhône-Alpes

Prélèvements sociaux : l’exonération suisse

Affilié au régime suisse de sécurité sociale, vous pouvez être exonéré de CSG et CRDS et ne régler qu’un prélèvement réduit.

Ce qui change pour vous

  • En principe, les revenus fonciers et plus-values supportent 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • La coordination entre la France et la Suisse ouvre l’exonération de CSG et CRDS aux personnes affiliées au régime suisse et non à la charge du régime français.
  • Dans ce cas, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû, soit un écart important.

Points de vigilance

  • L’exonération dépend de votre affiliation réelle : elle ne se présume pas.
  • Conservez les justificatifs d’affiliation au régime suisse pour la faire valoir.

Succession : sans convention fiscale dédiée

Le bien français relève du droit français des successions ; la convention fiscale franco-suisse sur les successions ayant pris fin, le risque de double imposition se gère en amont.

Ce qui change pour vous

  • La réserve héréditaire française protège les enfants sur le bien situé en France.
  • Le règlement européen sur les successions permet de choisir par testament la loi de votre nationalité.
  • La convention fiscale franco-suisse sur les successions a pris fin : sans accord, la coordination des impôts au décès doit être anticipée.

Points de vigilance

  • L’absence de convention successorale accroît l’importance d’une planification.
  • Les règles cantonales suisses varient fortement selon le canton et le lien de parenté.
  • Le démembrement et la donation sont des outils à calibrer avec un conseil.

Séjour : la libre circulation

Ressortissant suisse, vous bénéficiez de la libre circulation : la règle Schengen des 90 jours sur 180 ne vous limite pas comme un visiteur hors Union.

Ce qui change pour vous

  • La Suisse fait partie de l’espace Schengen et l’accord de libre circulation permet aux ressortissants suisses de séjourner en France sans la limite des 90 jours sur 180.
  • Pour un séjour durable, une carte de séjour au titre de l’accord de libre circulation peut être demandée.
  • Une installation principale en France peut faire de vous un résident fiscal français.

Points de vigilance

  • Le confort de la libre circulation vaut pour les ressortissants suisses ; un tiers d’une autre nationalité résidant en Suisse peut relever d’un autre régime.
  • Un séjour principal en France change votre résidence fiscale.

Structurer : patrimoine et frontaliers

SCI et démembrement organisent la détention et la transmission ; pour les patrimoines élevés et les situations frontalières, la coordination des deux fiscalités prime.

Ce qui change pour vous

  • La SCI organise la détention à plusieurs et la transmission progressive des parts.
  • Le démembrement prépare la transmission tout en conservant l’usage du bien.
  • Le choix de structure tient compte de l’IFI français et de l’impôt sur la fortune suisse.

Points de vigilance

  • Aucune structure ne dispense d’une analyse coordonnée des deux fiscalités.
  • La forme de détention se décide avant l’achat.

Questions fréquentes

Suis-je limité à 90 jours en France comme un visiteur hors Union ?

Non, en tant que ressortissant suisse : l’accord de libre circulation vous dispense de la limite Schengen des 90 jours sur 180. Une carte de séjour est requise pour une installation durable.

Puis-je éviter les prélèvements sociaux de 17,2 % ?

Si vous êtes affilié au régime suisse de sécurité sociale et non à la charge du régime français, une exonération de CSG et CRDS peut ramener le prélèvement à 7,5 %. À confirmer au cas par cas.

Dois-je désigner un représentant fiscal pour vendre ?

En principe oui au-delà de 150 000 euros de prix de vente : la Suisse n’étant pas dans l’Espace économique européen, la dispense réservée à l’Union et à cet espace ne s’applique pas.

Comment est imposée la plus-value si je revends en résidant en Suisse ?

La Suisse n’étant pas dans l’Espace économique européen, un représentant fiscal accrédité reste en principe requis au-delà du seuil.

Quels prélèvements sociaux s’appliquent à un résident en Suisse ?

Affilié au régime suisse de sécurité sociale, vous pouvez être exonéré de CSG et CRDS et ne régler qu’un prélèvement réduit.

Puis-je emprunter en France en vivant en Suisse ?

Le franc suisse, souvent fort face à l’euro, peut jouer en votre faveur, mais le financement d’un bien français obéit aux règles françaises.

Combien de temps puis-je séjourner dans mon bien en France ?

Ressortissant suisse, vous bénéficiez de la libre circulation : la règle Schengen des 90 jours sur 180 ne vous limite pas comme un visiteur hors Union.

Vous vivez en Suisse et vous préparez un achat en France ? Décrivez votre projet : un chasseur Home Select vous répond sous 24 h ouvrées, et le dossier commence par les partenaires qu’il faut, dans l’ordre.

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