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Vendre et transmettre

La succession d’un bien en France pour un non-résident : loi applicable, donation, droits, délais

Un bien en France se transmet selon deux lois à la fois : celle qui régit la succession, en principe celle de votre dernière résidence sauf choix de votre loi nationale, et celle du lieu du bien pour les actes. Ce guide dit ce qui se passe au décès, comment transmettre de son vivant, ce que cela coûte, et ce que Home Select organise avec le notaire.

L'église Notre-Dame-des-Anges et la baie de Collioure
Collioure, Occitanie

Par Jean Mascla, fondateur de Home Select Mis à jour le · 9 min de lecture

Que devient un bien français au décès d’un non-résident ?

Deux lois se superposent, et les confondre coûte cher. La loi de la succession (qui hérite, dans quelles parts) : en principe celle de la nationalité du défunt, et un ressortissant d’un État de l’Union européenne peut choisir expressément la loi de sa nationalité dans un testament, ce que le règlement européen 650/2012 organise. La loi de l’immeuble enfin : pour certains actes sur le bien lui-même, le droit français s’applique parce que le bien est en France. Les droits français, eux, frappent les immeubles français, où que demeurent les héritiers : c’est la règle de territorialité, tempérée par les conventions fiscales contre la double imposition.

Les deux lois d’une succession immobilière transfrontalière
QuestionLoi qui répondRéférence
Qui hérite, et dans quelles parts ?Loi de la succession : nationalité du défunt, ou loi choisieRèglement (UE) 650/2012
Quels droits payer sur un immeuble français ?Droits français, par lien de parenté, immeubles françaisCode général des impôts
La double imposition est-elle possible ?Selon la convention entre la France et le pays des héritiersConventions fiscales

Comment se déroule une succession immobilière depuis l’étranger ?

Le déroulé suit un ordre que le notaire tient. L’acte de décès obtenu, les héritiers s’identifient (actes d’état civil, éventuellement un acte de notoriété établi par le notaire français) ; ils optent, dans les formes, entre acceptation pure et simple, acceptation à concurrence de l’actif ou renonciation, l’option pouvant être différée de quatre mois. La déclaration de succession part dans les six mois. Puis la propriété se matérialise : une attestation de propriété immobilière est publiée au fichier immobilier, les comptes du défunt sont apurés, et la famille choisit : conserver en indivision, vendre, ou partager. Pendant tout ce temps, le bien, lui, continue d’exiger son entretien.

  1. Acte de décès, identification des héritiers, éventuelle attestation de notoriété par le notaire.
  2. Option des héritiers : accepter, accepter à concurrence de l’actif, ou renoncer (délai possible de quatre mois).
  3. Déclaration de succession dans les six mois, droits liquidés selon le barème par lien de parenté.
  4. Attestation de propriété immobilière publiée ; le bien sort du patrimoine du défunt.
  5. Décision de la famille : indivision, vente ou partage ; en parallèle, le bien reste entretenu et assuré.

À quelles conditions transmettre de son vivant ?

Transmettre du vivant se fait par donation, en pleine propriété ou démembrée (usufruit d’un côté, nue-propriété de l’autre), chaque formule obéissant à ses règles de fond et de forme, l’acte notarié étant obligatoire pour un immeuble. Les droits de donation suivent les mêmes barèmes que la succession, avec le même abattement de 100 000 euros par enfant par période glissante de quinze ans : donner tôt, c’est donner deux fois sous deux abattements. La détention en société enfin déplace la transmission (on transmet des parts), sans la dispenser de droits ni de formalités.

Combien coûte une succession ou une donation immobilière ?

Trois flux se superposent, et aucun ne se ressemble. Les droits de mutation à titre gratuit (succession ou donation), calculés sur la part reçue selon le barème par lien de parenté, après abattements : 100 000 euros par enfant, des montants propres au conjoint survivant et aux frères et sœurs dans les cas prévus. Les frais d’acte : émoluments du notaire tarifés par décret, débours et formalités. Et le passif éventuel du bien : des charges courantes qui continuent pendant que la succession se déroule.

Les repères de droit d’une transmission familiale
RepèreRègle 2026
Abattement parent-enfant100 000 € par enfant et par période de quinze ans (donations et successions)
Barème des droitsProgressif par tranche, selon le lien de parenté
Forme de l’acteDonation d’immeuble : notaire obligatoire ; succession : notaire pour la déclaration et les actes

Quels délais pour déclarer, opter, vendre ?

Trois horloges rythment la succession. L’option des héritiers : possible après quatre mois d’exigibilité, l’héritier qui ne s’est pas prononcé est réputé accepter. La déclaration : six mois à compter du décès pour déposer, les droits se payant en même temps, avec des possibilités de paiement différé ou fractionné pour les immeubles. Vendre pendant l’indivision se peut, à l’unanimité sauf autorisation ; c’est une négociation de famille que le notaire encadre.

Comment les héritiers à l’étranger font-ils, concrètement ?

Depuis l’étranger, chaque geste de la succession se fait à distance ou presque : actes d’état civil demandés aux autorités compétentes, mandat donné à un notaire français ou à l’un des héritiers pour signer, déclaration déposée en ligne, droits payés par virement. La convention fiscale entre la France et le pays de résidence des héritiers décide de la double imposition : crédit d’impôt en France ou à l’étranger, selon ce qu’elle prévoit. Et pendant que les papiers avancent, quelqu’un doit ouvrir le courrier, payer le syndic et visiter le bien : c’est le poste de la conciergerie.

L'église Notre-Dame-des-Anges et la baie de Collioure

Collioure, Occitanie

Que vérifier quand on prépare sa transmission ?

La liste de contrôle d’une transmission préparée
À vérifierPourquoi
Titre de propriété et régime matrimonialSavoir ce qui entre réellement dans la succession
Existence d’un testament ou d’un choix de loiFaire respecter la volonté, pas la supposer
Clauses bénéficiaires et mandatsAssurance-vie, comptes, procurations : à jour et cohérents
État du bien, assurance, syndicLe bien doit survivre à la succession, pas la subir

Quels risques d’une succession non préparée ?

Le premier risque est l’indivision qui s’enlise : des cousins sur trois continents, un bien que personne n’entretient et que tout le monde paie, jusqu’à la vente à la va-vite. Le deuxième est la facture : des droits liquidés sur un passif mal prouvé, des abattements perdus faute de donations anticipées. Le troisième est le bien lui-même : une assurance qui tombe, un dégât des eaux qu’on découvre au partage, une copropriété qui vote des travaux que personne ne suit. Préparer la succession, c’est préparer le bien : titre clair, volonté écrite, entretien suivi.

Quelles sont les premières démarches d’un héritier à l’étranger ?

Les toutes premières démarches tiennent en cinq gestes, avant même le notaire : obtenir les actes (décès, état civil des héritiers), sécuriser le bien (vérifier l’assurance, faire visiter, relever les compteurs), aviser les tiers (syndic, assureur, banques, administrations), rassembler les pièces du dossier (titre, avis d’imposition, quittances, comptes) et, en famille, se mettre d’accord sur un interlocuteur unique.

Quelles erreurs éviter sur la transmission ?

Les erreurs classiques, et leur parade
ErreurParade
Supposer la loi applicable au lieu de la vérifierTestament et choix de loi relus avec le notaire
Laisser le bien sans personne pendant l’indivisionConciergerie suivie dès le décès, sur devis
Découvrir les droits au moment de les payerSimulation avec le notaire AVANT la donation ou la vente
Chaque héritier agit de son côtéUn interlocuteur unique désigné en famille

Ce que Home Select organise autour de la transmission

La transmission se prépare le jour de l’achat : le régime matrimonial déclaré dans l’acte, la loi applicable à la succession, parfois une société civile, décident de qui héritera et à quel coût. Home Select pose ces questions avec vous avant la signature, et les porte au notaire.

Pour une succession ouverte, nous vous présentons un notaire habitué aux héritiers qui vivent à l’étranger, qui tient le dossier à distance et, si la décision est de vendre, nous menons la vente. Le règlement de la succession, les déclarations et les droits relèvent du notaire, sous sa responsabilité.

Questions fréquentes

Quelle loi s’applique à la succession de mon bien français ?

En principe, la loi de la succession est celle de la nationalité du défunt ; un ressortissant d’un État de l’Union européenne peut choisir expressément cette loi dans un testament, selon le règlement européen 650/2012. Pour certains actes sur l’immeuble lui-même, le droit français s’applique parce que le bien est en France. Les droits fiscaux français, eux, frappent les immeubles français où que demeurent les héritiers, sauf jeu d’une convention. Nos guides par pays posent le décor, convention par convention ; l’acte relève du notaire.

Les héritiers vivant à l’étranger paient-ils des droits en France ?

Oui pour les immeubles situés en France : les droits de succession français sont dus sur eux, quel que soit le domicile des héritiers, au barème par lien de parenté et après abattements (100 000 euros par enfant, par exemple). La convention entre la France et le pays de résidence des héritiers peut prévoir un crédit d’impôt pour éviter la double imposition.

Faut-il vendre avant ou après le partage pour payer moins de droits ?

C’est une question d’arbitrage successoral, et elle n’a pas de réponse générale : vendre en indivision, vendre après le partage, donner puis vendre, chaque chemin a ses effets sur les droits, la plus-value et le partage du prix. Ce qui est sûr : la réponse se calcule AVANT le premier acte, avec le notaire, sur des chiffres réels.

Que devient le bien pendant l’indivision ?

Il continue d’exister, et d’exiger : assurance maintenue, syndic payé, charges réglées, entretien suivi. Les actes de disposition exigent l’unanimité des indivisaires, sauf autorisation judiciaire ; les actes de conservation, eux, incombent à chacun. Un bien vivant se partage mieux qu’un bien dégradé.

Peut-on tout régler à distance, sans venir en France ?

Presque : actes d’état civil demandés aux autorités compétentes, mandat notarié pour signer, déclaration déposée en ligne, droits payés par virement. Ce qui ne se téléporte pas, c’est le bien lui-même : quelqu’un doit l’ouvrir, le visiter, répondre au syndic et à l’assureur. Le duo gagnant : le notaire pour le droit, la conciergerie pour le réel.

Comment donner son bien de son vivant depuis l’étranger ?

Par acte notarié, obligatoire pour un immeuble : la donation se reçoit devant notaire, le donateur pouvant se faire représenter par une procuration spéciale établie selon les formes du pays de résidence (apostille ou légalisation selon le cas). Les droits se paient au barème des donations, avec l’abattement de 100 000 euros par enfant par période de quinze ans. Donner tôt peut doubler l’usage de l’abattement ; encore un arbitrage à instruire avec le notaire.

Le démembrement permet-il de réduire les droits ?

Donner la nue-propriété en gardant l’usufruit évalue les droits sur la seule valeur de la nue-propriété, selon le barème légal par âge de l’usufruitier : c’est une mécanique de droit, ni astuce ni secret. Elle a des contreparties (revenus conservés côté usufruit, pleine propriété reconstituée plus tard) et des incidences fiscales propres à chaque convention.

Que vaut une SCI face à la succession ?

Détener en société transforme la transmission : on donne ou lègue des parts, plus faciles à fractionner qu’un immeuble, avec une convention qui organise les pouvoirs. Mais la SCI ne supprime aucun droit : les parts d’une société à prépondérance immobilière française sont taxées en France comme l’immeuble, et la société a ses obligations propres.

Qui entretient le bien pendant que la succession se déroule ?

La conservation incombe aux indivisaires, chacun pouvant agir pour la sauvegarde du bien ; en pratique, personne n’est sur place, et c’est là que le bien se dégrade. La preuve d’entretien servira jusqu’au partage, voire à la vente.

Que doit préparer un propriétaire qui veut faciliter la succession ?

Quatre dossiers, ni un de plus : un titre clair (propriété, régime matrimonial), une volonté écrite (testament, choix de loi le cas échéant), une fiche du bien à jour (assurance, syndic, prestataires, comptes) et une conciergerie désignée pour la période de transition.

Vous préparez un achat en France depuis l’étranger ? Décrivez votre projet : un chasseur Home Select vous répond sous 24 h ouvrées, et le dossier commence par les partenaires qu’il faut, dans l’ordre.

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